no cell phoneLe rôle d’Internet dans les manifestations qui secouent actuellement l’Iran est considérable, tout comme les efforts du régime pour les interdire. Heureusement pour le gouvernement, le réseau iranien se charge de bloquer la diffusion des informations et pour cela il peut remercier Nokia et Siemens.

La stratégie de surveillance d’Internet du régime est basé sur un procédé nommé DPI (Deep Packet Inspection) ou inspection en profondeur et systématique du trafic, qui analyse la quasi-intégralité du trafic Internet à la recherche de tout contenu offensant et offre aux autorités la possiblité de bloquer toutes les communications dissidentes ou, plus important encore, d’identifier leurs auteurs. Comme vous pouvez l’imaginer, c’est là une perspective plutôt terrifiante pour tous les protestataires, journalistes et dissidents.

Voici comment tout ça est arrivé : en 2008, le gouvernement iranien a conclu un accord avec Nokia Siemens Networks, entre autres, afin qu’il l’aide à mettre à jour son infrastructure de communications et, comme on pouvait s’y attendre, a demandé à pouvoir surveiller et contrôler le trafic Internet. Pleinement conscient de la main-mise totale du gouvernement dans ce secteur et de la triste condition des droits humains dans le pays, Nokia Siemens Networks s’est pourtant exécuté et a installé un « centre de contrôle » dernier cri, désigné par le Wall Street Journal comme le « plus sophistiqué » au monde.

C’est donc en mars 2009, que Nokia/Siemens a installé un centre complet de renseignement permettant d’intercepter des communications orales, les échanges de sms et le trafic internet.

Pour se justifier, les responsables du consortium disent que l’Iran n’aurait jamais acheté leurs installations de téléphonie mobile sans ce système d’écoute. Et que d’autres pays, y compris la Grande Bretagne, font de même.

Il est tout de même étrange – alors que les 27 ont institué des sanctions contre Téhéran et son programme nucléaire – que des firmes européennes vendent ce type de services à ce régime très répressif.

Eh oui, comme dirait l’autre, Nokia connecting people !