Nicolas Sarkozy a présenté lundi ses « choix stratégiques forts » à mi-mandat, devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles lors d’un discours d’environ 45 minutes, largement consacré à la crise et aux manières de la combattre.
Voici les principales leçons à retenir de son allocution :
La crise et ses conséquences
« Considérer la crise comme une parenthèse serait une erreur fatale », a reconnu le chef de l’Etat. Non seulement elle va persister et sera dure mais elle aura pour effet de profonds bouleversements : « La crise annonce un monde où la demande de régulation sera plus forte ». Dans ce nouveau monde de l’après-crise, « le modèle français a de nouveau sa chance ». A condition toutefois qu’il sache s’adapter : et pour le chef de l’Etat, c’est « le moment où jamais de nous remettre en cause nous-mêmes ».
Un an de salaire pour tout salarié licencié
« J’affirme que tout licencié économique, je dis bien tout licencié économique, doit pouvoir garder son salaire et recevoir une formation pendant un an », a lancé le chef de l’Etat à la tribune du Congrès. « Je proposerai aux partenaires sociaux de prendre des mesures massives en faveur de l’activité partielle et d’étendre encore le contrat de transition professionnelle », a-t-il ajouté. Ce contrat permet au salarié de conserver 80% de son salaire brut pendant un an maximum, parallèlement à une aide renforcée à la recherche d’emploi ou à la reconversion.
Ni rigueur, ni hausses d’impôt, mais un emprunt
Nicolas Sarkozy a réaffirmé qu’il ne pratiquerait pas une politique de rigueur et n’augmenterait pas les impôts et il a annoncé le recours à l’emprunt d’Etat pour financer « de bons investissements ». « Je ne ferai pas la politique de la rigueur parce que la politique de la rigueur a toujours échoué », a dit le président de la République devant les députés et sénateurs. « Je n’augmenterai pas les impôts parce que l’augmentation des impôts retarderait longtemps la sortie de crise et parce qu’en augmentant les impôts, quand on est au niveau de prélèvement où nous nous trouvons, on ne réduit pas les déficits, on les augmente », a-t-il ajouté. Nicolas Sarkozy a estimé que le déficit public structurel de la France devrait être ramené à zéro par des « réformes courageuses » qui seront entreprises par le prochain gouvernement.
Société française et intégration : le cas de la burqa
Nicolas Sarkozy a souligné que la burqa, « un signe d’asservissement » de la femme, n’était pas la bienvenue sur le territoire français. Et le chef de l’Etat a laissé le soin au Parlement de se saisir de cette question du port du voile musulman intégral en France. La burqa, a-t-il souligné sous les applaudissements, « c’est un problème de liberté, c’est un problème de dignité de la femme. La burqa, ce n’est pas un signe religieux, c’est un signe d’asservissement, c’est un signe d’abaissement. Elle ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République française », a-t-il insisté.
Etat des prisons
Nicolas Sarkozy a souligné que l’état des prisons françaises était « une honte pour la République », annonçant que le prochain gouvernement serait chargé de construire de nouveaux établissements.
Réforme de l’éducation
Nicolas Sarkozy a souhaité devant le Congrès « que l’on propose une solution à tous les adolescents qui sortent du système scolaire à 16 ans sans rien » pour « leur éviter de rester en marge de la société ». Il en a fait « un investissement incontournable pour la société française », se prononçant également pour la prise en charge par l’Etat des « internats d’excellence » accueillant les « enfants de milieu modeste ». Il a souhaité « que soient créées conditions de vie meilleure dans les lycées », appelé à « investir dans les logements étudiants » et redit qu’il fallait « poursuivre dans la voie de l’autonomie des universités » dans le but que « les jeunes puissent conquérir leur autonomie par leur travail » et « leur mérite ».
Privilégier la fiscalité « verte »
Nicolas Sarkozy souhaite « aller le plus loin possible sur la taxe carbone », afin de taxer la pollution pour alléger les charges sur le travail, a-t-il annoncé devant le Parlement.
Réforme des collectivités locales
« Nous ne nous déroberons pas devant la réduction du nombre des élus », a affirmé Nicolas Sarkozy.
Loi Hadopi
« J’irai jusqu’au bout », a déclaré le chef de l’Etat devant le Congrès à propos de cette loi très controversée sur le droit d’auteur et internet. « Je défends l’avenir de notre culture et de la création », a-t-il justifié, alors que le Conseil constitutionnel a censuré la partie essentielle du texte.
Remaniement annoncé pour mercredi
« Son premier travail sera de réfléchir à nos priorités nationales et à la mise en place d’un emprunt pour les finances », a-t-il ajouté. Ce remaniement gouvernemental, que de nombreuses sources gouvernementales prédisent a minima, vise notamment à remplacer Rachida Dati (Justice) et Michel Barnier (Agriculture), tous deux élus députés au Parlement européen.

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