Le département de la défense des Etats-Unis (Pentagone) a approuvé mardi la création d’un cyber-commandement dont la mission est de défendre les réseaux américains et de lancer une cyber-guerre le cas échéant. Le secrétaire à la défense Robert Gates a signé un mémorandum, ordonnant au le commandement stratégique américain de lancer le plan d’établissement du cyber-commandement, le premier aux Etats-Unis, et de présenter une proposition d’ici l’automne. Ce cyber-commandement « sera chargé de réagir aux attaques informatiques, de lutter contre le terrorisme informatique et de mener des offensives dans le cyberespace » selon les spécialistes de la défense.


L’initiative du Pentagone vient sur fond d’augmentation du nombre d’attaques lancées contre les quelque 15 000 réseaux numériques militaires américains. Des attaques menées par des « cyberpirates » redoutables, virtuoses aux motivations ludiques pour les uns, criminels pour d’autres. Les derniers qu’ont identifiés les services américains sont au service de puissances étrangères, la Russie et la Chine par exemple « qui ont les capacités de perturber certains éléments des infrastructures d’information d’autres nations », selon William Lynn, le vice-secrétaire d’État à la défense.

L’idée de ce « cybercommand » est née en juin 2007. Cette structure devait rassembler 8 000 hommes. Mais unifier des équipes déjà créées par l’US Army (l’armée de terre), le Special Operation Command et surtout l’US Air Force (très en pointe sur ce dossier) s’était alors avéré compliqué. En effet, a l’été 2008, le projet a capoté car trop de structures étaient impliquées et la fin de l’ére Bush freinait les prises de décisions.

Le journal Washington Post avait rapporté en avril dernier que le plan implique la restructuration des responsabilités de plusieurs agences militaires et de renseignement, y compris le commandement stratégique américain, l’Agence de sécurité nationale et l’Agence de la défense des systèmes informatiques.
C’est au général Keith Alexander, patron de la puissante Agence de sécurité nationale américaine (NSA) chargée d’espionner les communications au sein du monde du renseignement américain, que devrait revenir la direction de la nouvelle entité. « Maintenir la liberté d’action dans le cyberespace au XXIe siècle est aussi importante pour les intérêts américains que l’étaient la liberté de naviguer en mer au XIXe siècle et l’accès à l’air et à l’espace au XXe siècle », a-t-il récemment déclaré.

Piratage et espionnage

« Les risques liés à la cybersécurité figurent parmi les défis économiques et de sécurité nationale les plus sérieux du XXIe siècle », affirmait dans un récent rapport la Maison Blanche, qui a érigé ce problème en priorité nationale.
L’initiative du Pentagone intervient sur fond d’augmentation du nombre d’attaques des 15.000 réseaux numériques militaires américains, lancées par de talentueux +cyber-pirates+, criminels ou au service de pays étrangers, explique le Pentagone, qui pointe en particulier du doigt la Russie et la Chine.

« Nous savons que la Russie et la Chine ont les capacités de perturber certains éléments des infrastructures d’information d’autres nations », affirmait mi-juin le vice-secrétaire américain à la Défense, William Lynn. Selon des responsables américains, la guerre cybernétique fait partie des priorités de Pékin et de nombreuses intrusions dans le réseau informatique du gouvernement américain et d’autres pays « semblent être venues » de Chine.
D’après M. Lynn, « les tentatives d’intrusion (des réseaux militaires américains) « se chiffrent à des milliers par jour » et « la fréquence et la sophistication des attaques augmentent de manière exponentielle ». Il a rappelé que son ministère avait dépensé plus de 100 millions de dollars ces six derniers mois pour réparer les dégâts causés.

Selon la presse américaine, des pirates informatiques ont réussi à s’introduire dans le plus coûteux programme d’armement du Pentagone, le projet d’avions de chasse F-35, via les réseaux de sous-traitants privés, et ont infiltré le réseau électrique américain à plusieurs reprises l’an dernier.
Ce tout nouveau « cyber-commandement », placé sous l’autorité du Commandement stratégique américain (Stratcom), sera opérationnel à partir de l’automne, selon une source du Pentagone.