Les petits secrets bien gardés de l’opération Thunderbolt

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Le 4 juillet 2009 à l’aube a marqué le 33e anniversaire d’un fait qui occupa les premières pages de tous les journaux du monde: un commando israélien sauva les passagers du vol Air France 139, séquestrés par deux terroristes du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) et deux autres du groupe Baader-Meinhof.

Les otages furent maintenus détenus sur l’aéroport d’Entebbe en Ouganda, où régnait alors la dictature du sanguinaire Idi Amin Dada. Plus de cent soldats israéliens sous le commandement du général Dan Shomron, y inclus des agents du Mossad et des troupes d’élite, atterrirent subrepticement la nuit précédente et combattirent contre les terroristes et les soldats ougandais qui surveillaient l’avion.

Les pertes: 6 pirates de l’air, environ 80 soldats ougandais, trois otages et un seul militaire israélien, le colonel Jonathan Netanyahu, frère aîné de Benjamin. Israël avait frappé fort et avait libéré 98 otages juifs-israéliens. L’événement accrut la sympathie pour Israël, en particulier aux USA et en Grande Bretagne, chez les Palestiniens et les terroristes du monde entier ce fut la douche froide et la crainte commença à envahir les ennemis d’Israël… Voici le rappel des faits et en exclusivité les quelques petits secrets et anecdotes de l’opération de sauvetage la plus spectaculaire de l’histoire.

Le raid d’Entebbe, aussi connu sous le nom Opération Entebbe ou Opération Thunderbolt, s’est déroulé dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, à l’aéroport international d’Entebbe en Ouganda. Il a été appelé « opération tonnerre (thunderbolt) » par Tsahal et a été nommé postérieurement « opération Jonathan » après la mort du colonel Jonathan Netanyahu, dit « Yoni », le seul soldat israélien tué au cours du raid. Yoni était le frère du Premier ministre actuel d’Israël, Benjamin Netanyahu.

Détournement

Le 27 juin, 1976, le vol Air France 139, un Airbus A300, venant de Tel-Aviv en Israël et transportant 244 passagers et douze membres d’équipages décolle d’Athènes en Grèce, pour rejoindre Paris en France. Peu après le décollage à 12h30, le vol est détourné par quatre terroristes. Les preneurs d’otages, deux du Front populaire de Libération de la Palestine et deux Allemands de la Fraction armée rouge, aussi connue sous le nom de bande à Baader, prennent le commandement de l’avion et le détournent vers Benghazi en Libye. Là, il resta au sol pendant sept heures pour réapprovisionner en carburant, et pour relâcher une femme otage ; puis redécolla et arriva à 3h15 à l’aéroport international d’Entebbe en Ouganda.

À Entebbe, les quatre preneurs d’otages furent rejoints par trois autres pirates, et obtinrent le soutien des forces pro-palestiniennes du président ougandais, Idi Amin Dada. Les pirates étaient commandés par Wilfried Böse (et non pas, comme il est dit parfois, par Ilich Ramírez Sánchez dit « Carlos »). Ils demandaient la libération de quarante palestiniens emprisonnés en Israël et de treize autres détenus au Kenya, en France, en Suisse et en Allemagne.

Les passagers étaient retenus en otages dans le hall de transit du vieux terminal de l’aéroport international d’Entebbe. Les preneurs d’otages, relâchèrent dans un premier temps un grand nombre d’otages, ne gardant que les Juifs, qui étaient menacés de mort au cas où Israël n’accéderait pas à leur demande.

Malgré l’annonce par les preneurs d’otages que l’équipage et les passagers non-Juifs seraient relâchés et mis dans un autre avion d’Air France envoyé à Entebbe dans ce but, le commandant de bord du vol 139 Michel Bacos annonça aux pirates de l’air que tous les passagers, y compris ceux qui restaient, étaient sous sa responsabilité, et qu’il ne les abandonnerait pas. Tout l’équipage resta sur place. Une religieuse française refusa aussi de partir, et insista pour qu’un des otages restant prît sa place, mais elle fut mise de force dans l’avion d’Air France par les soldats ougandais.

Un raid surprise

Le gouvernement d’Israël devait jouer le jeu et laisser croire aux preneurs d’otages que pour la première fois de son histoire, Israël acceptait de négocier. En fait, le gouvernement planifia très tôt une action militaire de secours pour libérer les otages restants. Après plusieurs jours passés à collecter des renseignements et à planifier l’opération, trois avions de transport Hercules C-130 de l’armée de l’air israélienne décollèrent secrètement d’Israël et atterrirent à l’aéroport d’Entebbe sans être repérés par le contrôle aérien ougandais. Ils étaient suivis par un avion avec des équipements médicaux, qui atterrit à l’aéroport international de Jomo Kenyatta à Nairobi au Kenya (alors adversaire du régime d’Idi Amin Dada). Un autre avion, hébergeant le poste de commandement de l’opération, était lui parvenu au-dessus de l’aéroport d’Entebbe.

Les forces israéliennes atterrirent à 23 heures, avec les portes des avions cargo déjà ouvertes. Une Mercedes noire et une Land Rover descendirent des C-130, c’étaient des modèles identiques à celles utilisés par Amin Dada et ses gardes du corps lorsqu’ils venaient régulièrement rendre visite aux otages. Celles-ci étaient alors conduites par les soldats israéliens qui fonçaient alors vers le terminal. Elles étaient prêtées par des civils israéliens, et apparemment repeintes en noir pour le raid, étant entendu qu’elles seraient retournées aux propriétaires avec leur couleur d’origine.

Les responsables ougandais de la tour de contrôle furent apparemment confondus par ce stratagème, si bien qu’ils laissèrent la Mercedes et la Land Rover approcher du terminal. Les otages étaient assis dans le hall principal du bâtiment, directement adjacent à la voie de roulage. Les Israéliens sautèrent alors de leurs véhicules et jaillirent brusquement dans le terminal en criant : « À terre ! À terre ! » en hébreu. Un otage courut alors au devant du commando et fut abattu. Trois terroristes dans le bâtiment ont alors visé les troupes israéliennes avec leurs armes et ont été abattus. Un autre soldat demanda en hébreu : « où sont les autres ? » en parlant apparemment des terroristes. Les otages désignèrent la porte adjacente. Les soldats israéliens dégoupillèrent alors leurs grenades à main, défoncèrent la porte et les lancèrent à l’intérieur de la pièce. Après les explosions, des soldats entrèrent dans la pièce et tuèrent les trois autres preneurs d’otages, assommés par l’explosion. Les Israéliens retournèrent alors à leurs avions et commencèrent à embarquer les otages à bord. Quelques soldats ougandais commencèrent alors à leur tirer dessus depuis le toit de l’aéroport, tuant deux otages. Les Israéliens répliquèrent sans subir plus de pertes dans leurs rangs et achevèrent ainsi l’embarquement. On a dit que c’est à ce moment-là que le commandant de l’opération, Jonathan Netanyahu, a été tué. Mais dans son livre appelé Entebbe : un moment défini du terrorisme, Iddo Netanyahou a dit que Jonathan était sur le point d’entrer dans le terminal quand il a été touché par une rafale de AK-47. Il aurait alors donné l’ordre d’évacuer les otages avant qu’on s’occupe de ses blessures. Il mourut tandis qu’il était en train d’être évacué dans le C-130.

Le raid dura environ une quarantaine de minutes et six preneurs d’otages furent tués. Sur 103 otages juifs, trois moururent. Un total de quarante-cinq soldats ougandais furent tués durant le raid. Pour des raisons de sécurité, les avions de combat ougandais entreposés sur la piste furent détruits, il s’agissait de quatre Mig-17 et de sept MiG-21, la raison est évidente : empêcher les pilotes d’Amin Dada de s’envoler pour abattre les C-130.

Dora Bloch, une otage de 73 ans, était à l’hôpital de Kampala lors du raid israélien, admise à la suite d’un grave malaise. C’est là qu’elle mourut. En avril 1987, Henry Kyemba, alors ministre ougandais de la Santé, a raconté à la commission ougandaise des droits de l’homme que Dora Bloch a été traînée de force de l’hôpital et assassinée par deux officiers de l’armée suivant les ordres d’Amin Dada. Ses restes furent récupérés en 1979 à la suite de la guerre entre la Tanzanie et l’Ouganda qui précipita la fin du dictateur.

Une préparation minutieuse

Il est souvent écrit qu’une des raisons du succès du raid a été le fait que le terminal où ont été retenus les otages a été construit par une entreprise israélienne. En effet, les entreprises israéliennes étaient souvent impliquées dans la construction de bâtiments en Afrique durant les années 1960 et 1970. L’entreprise ayant construit le terminal avait toujours les plans, et les a fait parvenir au gouvernement israélien. C’est là un point crucial, mais il faut savoir qu’une copie exacte à la même échelle a été construite en quelques heures par l’armée israélienne, là, avec les indications précises des otages déjà relâchés (le nombre de preneurs d’otages, l’implication des troupes ougandaises et beaucoup d’autres détails importants), les hommes des forces spéciales israéliennes ont commencé à s’entraîner se donnant à chacun un rôle bien précis et déterminé.

Durant la semaine précédant le raid, Israël a essayé d’obtenir la libération des otages par diverses voies. Beaucoup de sources indiquent que le gouvernement israélien avait préparé la libération des prisonniers palestiniens en cas d’échec de la solution militaire. Un officier à la retraite, Chaim Bar-Lev, ayant connu pendant longtemps Amin Dada et ayant des relations personnelles fortes avec lui, a essayé de négocier sans succès au téléphone avec Amin Dada pour obtenir la libération des otages.

Israël renforcé sur la scène internationale

Le gouvernement ougandais a osé convoquer plus tard une session du Conseil de sécurité de l’ONU, afin d’obtenir une condamnation du raid israélien pour violation de sa souveraineté nationale. Le Conseil de sécurité refusa de passer une résolution dans ce sens. À l’adresse du conseil de sécurité, l’ambassadeur israélien Chaim Herzog déclara :

« Nous avons un message simple au conseil : nous sommes fiers de ce que nous avons fait, parce que cela démontre au monde entier que pour un petit pays, Israël en la circonstance, avec lequel les membres du conseil de sécurité sont maintenant tous familiers, la dignité, la vie humaine et la liberté constituent les valeurs les plus élevées. Nous sommes fiers, non seulement parce que nous avons sauvé la vie d’une centaine de personnes innocentes – hommes, femmes et enfants – mais aussi parce que la signification de notre acte signifie la liberté humaine. »

— Chaim Herzog, Heroes of Israel, p. 284

Le succès de ce raid a aussi affaibli le gouvernement dictatorial d’Idi Amin Dada et renforcé ses opposants. Le régime tomba quelques années plus tard.

Ce qui aurait pu arriver …

Le vol des C-130 en rase motte au dessus de la Mer Rouge d’abord, puis du désert éthiopien, était une véritable prouesse et une folie pure, en effet, le vol en rase motte par temps épouvantable était extrêmement éprouvant pour les commandos qui auraient très bien pu être rendus indisponibles au combat par le « mal de l’air » ! Les conditions pour les pilotes étaient à la limite du possible : A l’atterrissage, le temps était exécrable et une catastrophe aurait très bien pu survenir avec les C-130 n°2 et n°3 qui eux atterrissaient dans l’obscurité totale !

Pour éviter le pire, les forces spéciales israéliennes avaient trouvé une technique simple et efficace dont Michel Bacos, le commandant de bord du vol Air France, sera témoin : tous les soldats israéliens qui s’étaient déversés sur le tarmac avaient leur casque recouvert d’un cache blanc pour pouvoir s’identifier et ne pas se tirer dessus dans la confusion. Lors de l’approche de l’aérogare par les membres des forces spéciales dans les deux véhicules, des erreurs dans le déguisement ont fait repérer le commando un peu trop tôt par rapport au timing prévu.

Et si tout ou presque avait été prévu, quand le colonel Yoni Netanyahu est abattu d’une rafale de AK-47, son corps est emporté dans le C-130 contenant tous les otages. Dans la confusion, on ne le fouille pas. Une grenade tombe de sa poche et tout le monde marche dessus sans y faire attention, première grave et terrible erreur qui aurait pu tuer tout le monde en plein vol ! Mais ce n’est pas finit : Arrivé en Israël, on se rend compte que sur le corps de Yoni Netanyahu il y a une grenade dont la charge a été touchée par une balle … c’est un miracle qu’elle aussi n’ait pas explosée en plein vol…

Selon le pilote du dernier C-130 à quitter le tarmac de l’aéroport, les ougandais avaient coupé l’éclairage et le pilote manqua de faire une sortie de piste…

L’opération Tonnerre est l’une des plus audacieuses jamais tentée et réussie ! Mais elle reste aussi l’une des opérations militaires les plus miraculeuses à ce jour : tous les experts s’accordent à le dire.

Equipement et Armement particulier

Les navigateurs israéliens disposaient du tout dernier système de navigation électronique, ce qui à l’époque était extrêmement rare. De même, les snipers israéliens disposaient de fusils avec intensificateur de lumière, ce qui était à l’époque aussi très moderne…

Comment les pilotes ont échappé aux radars

Plusieurs procédures seront prises, tout d’abord les avions de transports C130 voleront le plus bas possible sous la couverture radar, et en formation serrée de telle façon qu’ils ne fassent qu’un seul et même écho… Ensuite les avions de transport C-130 volant sous la couverture radar seront surplombés par des avions volant nettement dans la couverture radar, mais évoluant au même cap et à une vitesse comparables, de telle manière que les échos résiduels de basse altitude soient considérés comme des parasites des échos de haute altitude.

Pour l’essentiel de la distance Tel–Aviv/Entebbe, le Boeing 707 s’est collé au Boeing 707 faisant le vol régulier Tel-Aviv/Nairobi, de telle façon que lui aussi ne fasse qu’un spot radar. Quand le Boeing 707 a quitté le vol régulier, il a alors voté ensuite à une vitesse extrêmement bien précise et synchronisée avec les radars Ougandais, de telle façon qu’il ne fut pas repéré. Quand le Boeing se trouva à l’aplomb du radar d’Entebbe ; il se logea alors dans son cône d’ombre qui se trouvait juste à sa verticale, un cône extrêmement petit : de l’ordre de 10 Km de diamètre à 10.000m d’altitude juste à l’aplomb de l’antenne radar. Dans ce cône, le pilote pouvait voler indéfiniment et à la vitesse qu’il souhaitait, du moment qu’il ne sortait pas de ce cône d’ombre. Il est à remarquer que les avions échappent ainsi aux radars ennemis identifiés et au sol, mais pas à tous les radars; il est clair qu’ils restent parfaitement visibles d’un radar embarqué sur un avion, ou d’un radar placé ailleurs. Pendant que le Boeing 707 tournait sans fin dans le cône radar d’Entebbe, il était totalement invisible d’Entebbe…mais tout à fait visible de Nairobi !

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