EXCLUSIF : Comment la justice ivoirienne fabrique un faux pour inculper des français

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uneLe 16 avril 2004 Guy André Kieffer, journaliste, a été enlevé à Abidjan par un commando proche de la présidence ivoirienne, composé de membres des services de renseignement. L’enquête indique également qu’il a est victime d’un piège tendu par Michel Legré, beau-frère de Simone Gbagbo, qui lui donne rendez-vous sur le parking d’un supermarché où l’enlèvement a lieu. Legré est incarcéré quelque temps à la prison d’Abidjan avant d’être relâché, et n’accepte pas, par la suite, d’être interrogé en France. Cependant Jean Tony Oulaï est quand à lui incarcéré en France, il est le chauffeur présumé du commando.

Depuis l’affaire est une patate chaude que se jettent à la face français et ivoiriens sous fond de détestation réciproque entre Gbagbo et Chirac.

Alors que Simone Gbagbo a été entendue à Abidjan par le juge Ramaël en avril 2009, tout le monde rend alors coup pour coup et la justice ivoirienne vient de lancer il y a quelques jours un mandat d’arrêt contre un témoin qui a récemment fait irruption dans l’enquête sur la disparition du journaliste.

Et comme la justice ivoirienne et le régime sont en train de perdre la face et de vaciller, certains suppôts du régime ont décidé de relancer la «piste française» en inculpant deux Français proches de Kieffer, mais aussi en produisant le document que nous avons analysé et qui s’avère être un vulgaire faux grossier.

Le 23 juillet, sur France 3, un homme se présentant comme le major Alain Gossé affirmait avoir vu le journaliste dans les sous-sols de la présidence ivoirienne, à Abidjan, juste après son enlèvement, le 16 avril 2004. Selon lui, «GAK», qui multipliait les articles sur les malversations du régime, notamment dans la filière cacao, aurait été tué – «par erreur» – par le commando qui l’a kidnappé, composé de militaires proches du couple présidentiel Gbagbo. A Abidjan, on affirme que ce témoin est un imposteur, manipulé par les services secrets français.

Relancer la piste française

Dans l’affaire de la disparition du journaliste Guy André Kieffer, rien n’est clair, sauf pour le juge français Patrick Ramaël et les quelques experts du dossier pour qui, la culpabilité de la première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, n’est plus à démontrer. Se rapprochant dangereusement de la vérité, le juge Ramaël fait peur au régime ivoirien et aux principaux responsables de l’assassinat de Guy André Kieffer, qui du coup, pondent un faux grossier accusant la DGSE d’avoir liquidé le journaliste… Le faux est si grossier qu’il y a de quoi rire jaune ou noir… au choix !

Que fait-on alors en Côte d’Ivoire pour tenter de détourner l’attention du sorcier du village ? On allume un contre-feu, sauf que là, le contre-feu allumé est un faux grossier produit par les services du procureur Raymond Tchimou, au service du régime en place et aux ordres du non-président Laurent Gbagbo.

Ledit document émanerait de la Direction générale des services extérieurs (sic !) la DGSE qui elle-même selon ce document dépendrait du ministère des affaires étrangères… sauf que l’acronyme DGSE signifie Direction générale de la sécurité extérieure. Dommage pour le faussaire, d’entrée le faux grossier est découvert, mais ce n’est pas tout ! Vous allez voir que l’humour ivoirien est inclassable.

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Analysons donc le document « officiel » produit par la justice ivoirienne.

Avant-propos : Le document analysé ci-dessous, servant manifestement de « rampe de lancement » à la nouvelle piste française, aussi étonnante qu’opportune, devrait normalement être disséqué sur demande d’entraide judiciaire auprès de services étrangers spécialisés. Certains esprits, en rupture de logique,  pourraient penser que cette nouvelle piste a été créée de toutes pièces pour les besoins de la cause ; une analyse approfondie devrait soit confirmer cette hypothèse, soit, au contraire les décevoir profondément et … sans appel  !!!

En effet, nul ne peut douter un seul instant que la rigueur de la Justice ivoirienne, ne laisse le moindre espace d’incertitude quant à la qualité supposée de la preuve nouvelle.

Ligne 1 – Mille et un sacrifices ne semblent effectivement pas disproportionnés pour réussir à voler un document de la supposée DGSE. Il apparaît en effet peu probable que l’efficience des services « spéciaux » de la Côte d’Ivoire permette de réaliser un tel exploit.

Ligne 4 – Le nom de Kouchner semble indiquer que le document est d’une actualité récente.

Intitulé du document 1 : « Ministère des affaires étrangères » les Ministères français, confectionnent leurs en têtes en respectant le nom précis de leur Ministère…. C’est le « b a »  « ba » Dans ce cas, le nom exact est : « Ministère des Affaires Etrangères et Européennes »

Intitulé du document 2 : « Direction Générale des Services Extérieurs » on se demande quelle imagination fertile a pu créer d’un coup de baguette magique ce service qui n’apparaît dans aucun document officiel – Une simple vérification sur Internet en apporte une démonstration sans aucune ambigüité. (pièces jointes) – A noter également la confusion que veut entretenir le rédacteur avec la véritable DGSE mais qui signifie en réalité Direction Générale de la Sécurité Extérieure

Intitulé du document 3 : « Direction du renseignement » même remarque que précédemment, cette direction est sortie d’un esprit, certes tordu, mais absolument pas crédible du fait de la non existence d’un tel service au sein de ce Ministère. (pièces jointes)

La date du 7/04/2004 situe avec une précision très étonnante le contexte de l’action décrite ; on pourrait même parler de prémonition,.

De Pierre Brochand à Michel de Bonnecorse : Le premier cité, a été Directeur de la DGSE, le second a été le chef de la Cellule Afrique sous le Président Jacques Chirac (voir Internet)

Comment imaginer qu’un tel document, écrit avec autant de précisions, qui n’est ni plus ni moins qu’une annonce d’élimination physique, puisse se transmettre par machines interposées avec des noms aussi illustres en première position. Sans en connaître spécifiquement les rouages, il apparaît pour le moins totalement incroyable que de telles pratiques puissent exister. Dans ces milieux la discrétion est l’élément n°1 – Comment imaginer un DG en première ligne ?? Surtout en tenant compte de la nature de cette supposée mission spéciale !!!

Origine : Commissaire BDJ – Depuis quand les origines des informateurs sont étalées dans des préparatifs aussi minimes soient-ils ? Même les journalistes les plus minables ont généralement le sens de la protection de leurs sources.

DGPN/DRG/RCI – Il serait plus simple que les magistrats chargés de l’enquête, par réquisition interposée, se fasse communiquer le dossier référencé en CI !!! Quelle peut bien être cette imagination délirante qui pense à mentionner des références étrangères pour mieux « griller » sa source ????

Observation A1 – Sous réserve de vérification, il semble que ce terme soit impropre ; Classification A 1 serait certainement plus proche de la réalité. La lettre donne une « note » à l’information – le chiffre donne une « note » à l’informateur – Le A est le plus crédible, ainsi que le 1 – Notation décroissante : exemple : une information B3 est assimilable à une rumeur.

Sur le texte : Passons rapidement sur le texte relatant l’affaire Kieffer qui est une sorte d’explication de texte pour une mise en scène posthume ; dramatique de naïveté, cette version pour le moins originale est une insulte à l’intelligence.

Ce conte de Machiavel  retraçant l’histoire à l’envers est d’une stupidité difficilement égalable

On suppose que cette pièce du théâtre mélodramatique a pour chute la nouvelle fortune de 500.000 $ du sieur Michel Legré !! Pour qui le connaît, on ne peut que s’étonner !!!

Trouver en fin de mélodrame une chute tragicomique est révélateur du talent du metteur en scène !! On remarque, à la fin de cette œuvre littéraire, cette phrase merveilleuse: « 2°, dans la chute nous aurons recours ………. »

Sur le tampon : La « cerise sur le gâteau » étant le tampon (indispensable pour officialiser un « vrai » document) qui, agrandi, laisse apparaître Marianne l’emblème officiel et la mention « Direction de la Police Judiciaire » Chacun devrait savoir que la spécificité de la Police Judiciaire est d’être au service de la Justice (comme son nom l’indique) et de résoudre les crimes et délits….. mais pas de les organiser !

Sur la notion d’intoxication : Ce document a été présenté en Juillet 2008 au correspondant d’une grande radio française internationale par l’avocat ivoirien de M. Bouabré et de Mme Gbagbo. Ce document a été analysé par celui à qui on voulait le faire diffuser ainsi que le représentant de l’AFP (Agence France Presse). L’un et l’autre ayant constaté des anomalies aussi nombreuses que grotesques, il a été décidé de ne donner aucune suite.

Vers le mois d’Avril/Mai 2009, le journal « Notre Voie » a publié ce document.

Le 15 ou 16 Juin 2009 idem pour le journal « Le Temps Hebdo »

On peut donc constater que parmi la galaxie des journaux ivoiriens, seuls deux organes, très ciblés quant à leur tendance, se sont crus obligés « d’informer » leurs lecteurs. Ce qui laisse naturellement rêveur !

Conclusion : Mille et un sacrifices devraient de nouveau être déployés par le « metteur en scène » pour faire en sorte que, même doué d’un humour surnaturel, un magistrat puisse être sensible à la moindre ligne de ce chef d’œuvre  – à moins bien sûr que son sens de la lecture n’ait été altéré par d’autres éléments extérieurs … comme la cécité ou le glaucome.

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2 Comments on "EXCLUSIF : Comment la justice ivoirienne fabrique un faux pour inculper des français"

  1. Canelle Kieffer | 11 août 2009 at 18 h 53 min |

    Le nom de SATANIC nous aura suffit pour savoir que le document n’est pas vraiment crédible…
    Canelle Kieffer.

  2. ce n’est pas le premier montage ni le dernier que le pouvoir en place tente de monter le charnier de yopougon l’assassinat du general guei le bombardement de la base francaise a bouake. pour ne citer que c’est trois cas ils ont fait des montages grossier pour transformer les victimes en bourreaux.

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