La puce qui vous traque…

Share ! Partagez ! Compartir !

02.rfid-implant.afp.giLes puces RFID (puces d’identification par radiofréquences) sont incorporées par les multinationales dans certains de leurs produits pour en assurer la traçabilité : vêtements, disques CD et autres produits vidéos. La puce RFID permet ensuite de localiser le produit tout au long de son stockage jusqu’à sa livraison au client, elle est identifiée au moment du passage à la caisse du supermarché, elle peut être associée à la carte de crédit ou au chèque de l’acheteur, et donc à son identité. Chaque produit acheté devient ensuite un véritable mouchard électronique qui permet de localiser son utilisateur, car même après avoir acheté un produit, la puce n’est pas désactivée, bien au contraire !

Les puces RFID mesurent un peu moins d’un millimètre, une miniaturisation qui n’empêche pas la haute technologie : elles intègrent une mémoire de 1kbit et une antenne qui émet dans la bande de fréquence des 2,5 GHz. La puce a déjà été utilisée par Gillette, pour tracer ses rasoirs jetables et donc mieux connaître les consommateurs, une étude sauvage basée, une fois de plus, sur le concept de la sécurité. En effet, Gillette et ses distributeurs (les grandes surfaces) sont victimes de vols qui coûtent très cher. Les paquets de lames de rasoir disparaissent, tout comme les rasoirs, assez facilement. Des ingénieurs ont donc mis au point un système de traçabilité qui suit le moindre mouvement du client potentiel depuis la saisie du produit dans son rayon jusqu’à la caisse : Au moment ou le client s’accapare d’un produit Gillette, une caméra discrète enregistre son visage alors que le produit contient dans son packaging une puce RFID qui transmet ses déplacements sur un ordinateur, ils sont couplés à la photo prise au rayon. Au moment du paiement à la caisse, l’ordinateur vérifie bien que le produit a été identifié, répertorié et payé, la photo est alors comparée avec le visage du client en attente à la caisse… L’association américaine CASPIAN (consommateurs contre la violation de la vie privée par les supermarchés) a dénoncé ce procédé déjà mis en application par plusieurs marques de la grande distribution, à ce propos une campagne sur Internet a été lancée sur le site boycottgillette.com .

L’histoire de la puce RFID est quelque peu trouble, elle a été inventée par Gemplus, une société française rachetée par des investisseurs américains, le patron actuel de Gemplus, Alex Mandl est le neveu d’un des pontes de la NSA, l’agence d’espionnage électronique américaine, et Mandl est lié à CIA, pour cause : il a été l’administrateur de la société In-Q-Tel, une société privée financée avec des fonds de la CIA ! Cette société a été crée pour inventer et répertorier toutes les technologies qui pourraient permettre au renseignement américain de progresser efficacement… Aujourd’hui la puce RFID est fabriquée par une société américaine dénommée Matrics, ainsi que par les sociétés japonaises NEC et Hitachi. Début 2004, une sénatrice californienne, Debra Bowen, a présenté une proposition de loi encadrant l’usage des puces RFID, afin d’en limiter le risque d’abus et d’intrusion dans la vie privée. Le texte prévoyait que les consommateurs soient avertis de la présence d’un système RFID dans les produits qu’ils désiraient acheter… Depuis c’est le silence total sur les puces RFID. Comme d’habitude, pour les distributeurs et les grandes surfaces il s’agit de lutter contre le vol et la contrefaçon, au mieux d’en faciliter les inventaires. Pour certains consommateurs, c’est une atteinte pure et simple de la vie privée. Sous la pression du lobby de la distribution, le projet de loi sera rejeté …

Décembre 2003, un communiqué de presse annonce qu’une société basée en Floride, Applied Digital Solutions souhaite commercialiser prochainement des puces RFID qui se greffent sous la peau. Un prototype de ce produit a été présenté au salon de l’ID World 2003, à Paris. L’opération, qui était réalisée sous anesthésie locale a consisté à placer une étiquette de 12mm de coté sous l’épiderme du bras, une étiquette au contenu digne d’un roman de science fiction : un émetteur ultra miniaturisé pouvant transmettre une réponse à un signal radio donné. Elles envoient un identifiant unique de 64 bits produisant environ 18 mille trillions (18 millions de milliards) de valeurs possibles… Pour la société ADS, le système baptisé VeriPay, est un moyen de paiement comme les autres : l’identification du client pour les distributeurs de billets ou encore le paiement instantané au passage de la main ou de l’avant-bras sur un récepteur : « l’avantage le plus évident réside dans le fait qu’il n’existe aucun risque de perdre sa puce contrairement à une carte de crédit classique ou aux autres applications utilisant des puces RFID, matérialisées par des porte clé ou autres objets » annonce le communiqué de presse.

Tout comme le téléphone portable à ses débuts, ou la carte bancaire mais encore la carte VIP ou Premium d’une société proposant à ses clients de devenir des membres privilégiés, c’est donc au tour de la puce sous-cutanée d’entrer dans la danse technologique. Ainsi pour devenir un membre VIP de la boite de nuit Baja Beach Club de Barcelone en Espagne, son directeur, Conrad Chase, propose à ses clients d’implanter en quelques minutes une puce VIP Verichip dans le bras ! Elle permet au client de s’identifier mais aussi de payer ses consommations ! Tant d’excuses qui finissent par séduire les jeunes catalans et même des étrangers venus spécialement se faire implanter la puce, histoire de frimer et de dire qu’on est un membre VIP avec une puce spéciale dans son corps. Pour le sociologue Jordì Seras, cette dernière attraction n’est pas un phénomène de mode, bien au contraire : « Au début des téléphones mobiles tout le monde en voulait un, même aujourd’hui, celui qui n’en possède pas passe, aux yeux de ses proches ou des autres, pour un pariât, un rebelle, mais dans le mauvais sens. Si vous n’avez pas de carte bancaire vous pouvez passer pour un fauché auprès des filles, pas facile pour draguer. C’est la même chose ici à Barcelone, depuis que ce patron de boite a lancé son concept d’implanter une puce dans le corps humain de ses clients pour accéder à un espace VIP et payer les consommations, le piège est double : non seulement la méthode va se généraliser mais de plus elle emprisonne le libre arbitre dans un état d’esprit où le fichage est quelque chose de positif, il est lié à la fête et à l’appartenance à une haute classe ». Traduisez : la technologie RFDI risque de connaître le même succès auprès des jeunes que la carte de crédit et le téléphone portable ! Sans compter la facilité de paiement, une puce dans le corps identifie tout de suite son propriétaire à la caisse, plus aucun geste ne peut retenir les tentations… Avant on pouvait hésiter à sortir de la poche les billets, puis la carte bancaire, maintenant, le barman passe un lecteur électronique près du corps. Le patron de la boite de nuit, Conrad Chase affirme que cette puce ne gène pas le client, et l’opération ou plutôt l’implantation se fait dans les règles de la médecine : Le client signe un formulaire, puis l’acte chirurgical prends quelques minutes et ne procure aucune douleur désagréable. Et Conrad Chase de rajouter « on peut enlever la puce aussi facilement qu’elle a été implantée, mais personne ne l’a fait depuis le début de notre opération, bien au contraire, le carnet de rendez-vous est plein jusqu’à la fin 2005 ». C’est un succès incontestable qui a fait connaître la boite de nuit de Conrad Chase jusqu’à l’autre bout du globe. Le flicage est dores et déjà à la mode…

D’autres sociétés comme Mastercard et même le Groupement des Cartes Bancaires en France n’excluent pas de placer un jour des puces sous la peau de leurs clients. Une information bien troublante. Un jour ou l’autre il sera trop tard : nous aurons tous accepté un tel dispositif dans notre corps par souci de facilité et d’économie. Aussi facile à poser qu’un piercing et tout aussi efficace et sécurisant qu’une carte bancaire…

(Visited 444 times, 1 visits today)

1 Comment on "La puce qui vous traque…"

  1. inquietant ,pas la technologie ,mais l’usage que  »la personne humaine » peut en faire
    mais nous serons surement tous  »localisables » d’ici peu ….
    biz

Leave a comment

Your email address will not be published.


*